Révision des examens


Il se passe quelque chose d’important dans notre monde radioamateur en ce moment. On procède à une révision des examens d’admission pour l’exercice de ce hobby qui est le nôtre et que nous aimons tous, mais qui requière un minimum de connaissances en matière de technique et d’observance des règlements municipaux et autres pratiques en société.

Le ministère de l’Industrie à Ottawa a demandé à RAC (Radio Amateur Canada), aidé de RAQI, de procéder à la révision en profondeur des examens radioamateurs de base et de niveau supérieur. VE2AAY, François Daigneault travaille depuis cinq mois en collaboration avec deux partenaires anglophones à redessiner ces examens. Et comme les versions française et anglaise doivent concorder parfaitement, il faut procéder à de nombreuses rencontres, conférences téléphoniques pour s’assurer qu’il n’y ait aucune équivoque entre les deux versions. Le travail est beaucoup plus considérable qu’on pourrait l’imaginer de prime abord. N’oublions pas que VE2AAY et ses deux collaborateurs anglophones doivent « plancher » sur la réécriture de 1500 questions et d’un choix de 6000 réponses. Un travail qui relève du gigantisme.

J’ai passé mes examens de radioamateur, il y a environ quatre ans. Ce faisant, je me rendu compte des multiples erreurs qui existaient tant au niveau des questions et des choix de réponses que des questionnaires. Il n’en fallait pas plus pour m’attaquer à ma révision personnelle de l’état des examens dans leur ensemble. Oui, j’ai relu et analysé chacune des questions et réponses des examens : 7500 en tout. J’y ai découvert une cinquantaine d’erreurs de fond que j’ai soumises directement au ministère de l’Industrie à Ottawa pour correction. J’ai même offert de me rendre à Ottawa, gratuitement, pour effectuer moi-même les corrections. On m’a dit que ce n’était pas possible, mais qu’en revanche on allait, dans les semaines venant, faire les corrections suggérées pour lesquelles on reconnaissait facilement le bien fondé.

Pendant plusieurs mois, j’ai échangé courriels et appels téléphoniques avec le ministère. Timidement, après tout ce temps, une secrétaire, de son bureau de Sault Sainte-Marie m’apprenait qu’on allait, dans les prochains mois, refaire totalement les examens. Il n’en fallait pas plus pour que je range le dossier et que je me mette en état d’attente. Les mois ont passé. Rien. De guerre lasse, j’ai placé le dossier dans le classeur des causes désespérées, tout en espérant…!

François VE2AAY, soumis à l’obligation de respecter intégralement la version anglaise, qui lui arrive souvent à la dernière minute, doit réagir extrêmement rapidement, presque en catastrophe parfois, pour produire la version française. Le temps presse souvent. Devant l’urgence des derniers jours, François a communiqué avec moi pour obtenir une copie de mon travail d’il y a quatre ans. Non seulement j’étais fier de collaborer avec lui, mais aussi heureux de constater que mon travail allait servir. Enfin !

Ceci m’amène à la conclusion de mon éditorial. Est-il vraiment nécessaire que la version française respecte à ce point la version anglaise qu’il faille recourir à une traduction parfois mot à mot pour éviter tout espèce d’imbroglio réel ou imaginaire ? Compte tenu du nombre de pays, d’états et de langues utilisées en radioamateurisme, il doit bien exister quelques dizaines, sinon centaines d’examens différents menant tous à la certification radioamateure.

Conséquemment, ne pourrait-il pas avoir au Canada deux versions autonomes, l‘une française, l’autre anglaise, d’égale qualité menant à une certification de valeur équivalente. S’il en était, ce genre de travail « à la traîne » comme le dit François n’aurait plus sa raison d’être. Je pense aussi que le refus du ministère de l’Industrie de dire oui à ma demande de procéder moi-même, gratuitement, à la correction des erreurs que j’ai identifiées il y a quatre ans, est en partie relié à la conformité trop rigide exigée entre les versions française et anglaise.

VE2LCF Claude Lalande.